mercredi 4 avril 2018

Méditation zen et arts martiaux, embrasser les contradictions


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Le livre zen et arts martiaux de Taisen Deshimaru m’a amené à pratiquer la méditation zen de manière quotidienne et de m’engager dans cette voie, pratiquant également assidûment un art martial Japonais nommé Aïkido, je vais essayer de faire le parallèle entre la pratique de zazen la méditation zen et les arts martiaux Japonais.
Bien sûr, zazen est basé sur le non mouvement et les arts martiaux sur le mouvement néanmoins on peut trouver de nombreux points communs.

Pour commencer voyons les points clés de la posture de zazen et essayons de les mettre en parallèle avec la pratique martiale.





La verticalité :

Ouverture et bascule du bassin :

Dans la méditation zen :

En zazen, on surélève le bassin grâce au coussin ensuite on croise les jambes, l’essentiel est d’avoir les genoux qui touchent le sol, attention de ne pas tirer sur les chevilles mais plutôt amener d’abord le genou vers la poitrine avant de commencer à croiser les jambes.
Ceci amène à la bascule du bassin, celle ci permet de tendre la colonne vertébrale et d’amener le tronc à la verticalité.
Je dirai que cette bascule est le point bas de la posture.
La difficulté est de détendre l’ensemble du bassin, donc faire attention aux points de fermeture des hanches, il faut être attentif aux points de tension à ce niveau.
On peut commencer par travailler la posture à genoux (en seiza) si l’on a des difficultés jambes croisées.
De nombreux exercices d’ouverture du bassin permettent d’améliorer ce point s’il vous pose difficulté.

Dans les arts martiaux :

On retrouve cette même bascule du bassin en position debout ou à genoux et ce dès le salut du début de la pratique, on y porte attention jusqu’au salut final.




Ouverture de la cage thoracique :


Dans la méditation zen 

Le deuxième point important se situe au niveau du milieu du sternum, il permet de ne pas creuser la poitrine et de ne pas laisser la tête partir en avant, il est extrêmement important, très souvent il n’est pas expliqué bien qu’il soit corrigé ponctuellement mais il est déterminant dans l’ouverture de la cage thoracique et est en lien avec la respiration.
C’est le point haut de la posture.
Si vous avez une difficulté à ce niveau et qu’elle persiste il est fortement conseillé de pratiquer des exercices spécifiques en plus de la méditation, il existe de nombreux exercices tirés du yoga ou du qi-gong très efficace pour corriger ce défaut.

Dans les arts martiaux :


L’ouverture de la cage thoracique est également déterminante, en Aïkido les techniques sont construites autour de mouvements d’ouverture et de fermeture de la cage thoracique et ce dès l’échauffement dans les techniques de respiration comme shin kokyu.

Le regard :

Dans la méditation zen:

Il permet de consolider la position de la tête et de poser la posture toute entière, les yeux sont
mi -clos et on ne fixe pas un point en particulier, on pose simplement le regard devant soi à 45 degrés, le but visé est de développer une bonne vision périphérique, cette vision est en rapport direct avec l’équilibre et le fait de se situer dans l’espace.

Dans les arts martiaux :

Suivant les écoles en Aïkido, on regarde ou non le partenaire, quoiqu'il en soit on ne se fixe pas sur le partenaire, le regard influe sur le placement La vision périphérique est également un point essentiel.




La détente musculaire :

Dans la méditation zen :

Relâcher toutes les tensions inutiles est la base de la méditation, surtout dans le bas du corps bassin et hanche, cette détente est indispensable pour pouvoir laisser s’installer une respiration abdominale naturelle. Il ne faut pas confondre raideur et verticalité.
Il y a une forte relation entre respiration et détente musculaire.

Dans les arts martiaux :

La détente musculaire est la clé pour avoir des techniques fluides, cette détente permet également de travailler sans se fatiguer inutilement la détente du corps permettant une respiration ample.





La respiration abdominale:



Dans la méditation zen :

On préconise de laisser descendre l’expiration jusqu’à trois doigts sous le nombril, l’expiration est plus longue que l’inspiration. Il ne faut pas essayer de contrôler la respiration mais plutôt de l’observer et la laisser prendre de l’ampleur d’elle même. La respiration abdominale permet de remplir la totalité des poumons. Le ventre se gonfle naturellement à l’inspir, contrairement à la respiration thoracique où il se creuse. Le tranchant des mains sur le bas ventre permet de sentir sa respiration tout au long de la méditation. Une fois cette respiration bien mise en place, elle se prolonge dans la vie quotidienne et permet d’affronter les stress de la vie quotidienne.

Dans les arts martiaux :

La respiration est également abdominale,
 dans les disciplines de percussion les frappes se font sur l’expiration. 
Dans  le Kendo le kiaï est une expression de l’expiration.


L’état d’esprit :


La vigilance (zanshin) :

Zanshin est une notion commune aux arts martiaux et à la méditation. Pour comprendre cette vigilance, on peut la comparer à la pleine lune qui baigne tout de sa lumière sans faire de différence.
La vigilance est plutôt passive et permet à tous les sens d’être en éveil, elle prend en compte ce qui se passe à l’intérieur comme ce qui se passe à l’extérieur. Même si dans la méditation zen on préconise de tourner le regard vers l’intérieur, ce n’est pas pour autant qu’on doit se couper de l’extérieur par exemple en fermant les yeux.


En conclusion :

Voilà, quelques points communs à des disciplines différentes viennent d’être développés.
Ensuite il faut bien comprendre que seules de longues heures de pratique dans le dojo permettront de les expérimenter et de les comprendre plus profondément.
Zen et arts martiaux ont le mérite de pouvoir être expérimentés jusqu’à un âge très avancé si ils sont pratiqués correctement.










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