dimanche 14 avril 2019

La marche méditative.

Elle se nomme kin-hin dans la tradition zen soto et elle est codifiée de manière très précise, c'est une marche qui se pratique au rythme de la respiration, elle met l'accent sur l'ouverture de la cage thoracique la verticalité et la relation avec le sol au travers de la pose du pied.
Elle se pratique pieds nus entre deux méditations assises dans le dojo.

La pose du pied est très précise et le rapport avec la terre détermine toute la posture, le contact pied nu avec le sol est intéressant car nos sensations sont faussées par les semelles des chaussures tout au long de la journée et la conscience de la verticalité est amoindrie.

Dans la tradition du zen vietnamien la marche est quelque peu différente, elle peut se pratiquer plus longuement à l'extérieur avec ou sans chaussures et est moins contraignante on parle de marche en pleine conscience car ne l'oublions c'est le moine thich nhat hanh qui utilisait le terme de pleine conscience dans les pratiques méditatives avant que john kabat zinn ne s'approprie la méthode et en fasse la marque "mindfulness" .

Si la marche ou la course pieds nus en extérieur vous intéresse, voici un livre qui vous fera voyager, il s'agit de Né pour courir (born to run) de Christopher Mac Dougall qui vous emmènera dans le monde du barefoot et des sauvages illettrés qui courent et marchent depuis des générations pieds nus en "pleine conscience" sans le savoir et là on s'approche réellement de l'éveil ...

mardi 2 avril 2019

Méditation zen (zazen) et jeûne.

Voici un article sur les correspondances entre zazen et la pratique du jeûne, c'est simplement une observation et un avis personnel sur ces 2 pratiques.

Je pratique zazen depuis plus de 25 ans (je suis moine zen zen de l'école soto) et suite à divers problème de santé depuis 5 ans je jeûne très régulièrement à titre personnel , il n'y a aucune obligations à pratiquer le jeûne quand on a une pratique méditative quelle qu'elle soit.

Mon expérience de zazen est conséquente et suit l'enseignement d'une école particulière, celle du jeûne est plus courte personnelle et empirique.

Tout d'abord zazen est la méditation zen assise traditionnelle, immobilité et  silence en sont les piliers. 
On la pratique lors de séance collectives ou seul, on peut également effectuer des sessions intensives de plusieurs jours avec plusieurs séances par jour, ces sessions s'appellent des sesshins.

Le jeûne consiste à supprimer tout apport de nourriture, ou même quelquefois d'eau et de nourriture dans ce cas on parle de jeûne sec.

On entend parler de plusieurs styles de jeûne, quelquefois le jeûne intermittent quand il est de l'ordre de plus ou moins 16 heures, cela signifie simplement sauter un repas (il n'y a pas de quoi en faire un plat), il peut être plus long un ou plusieurs jours chaque semaine ou chaque mois par exemple.

Ensuite il y a des jeunes plus longs de plusieurs jours ou plusieurs semaines et qui sont plus occasionnels.

Donc ma pratique du jeûne est tout à fait personnelle, au dojo nous ne proposons aucune pratique liée au jeûne mais simplement de la méditation zen.

Je pratique le jeûne intermittent pendant 36 heures hebdo minimum depuis environ 5 ans.
Je jeûne également ponctuellement sur des périodes plus longues qui vont de quelques jours à plusieurs semaines.
Je pratique également le jeûne sec sur des périodes de quelques jours.

 Bien que je ne sois plus un débutant en matière de jeûne, je suis bien loin de maîtriser cette ascèse, ma plus grande leçon en la matière ne m'a pas été donné par des thérapeutes soient disant spécialistes ou par des youtubeurs intégristes mais par ma vieille chienne de 17 ans qui au moment de mourir dans un état de faiblesse extrême a cessé de boire et manger durant quatre jours afin de pouvoir me faire ses adieux avec beaucoup de joie et de vitalité avant de passer de l'autre côté...

Donc zazen consiste à arrêter de suivre ses envies de parler gesticuler suivre ses idées quelles qu'elles soient pour revenir à la pleine conscience de la respiration et le jeûne à stopper ses envies de bouffer et laisser son corps se prendre en charge.  

Dans les deux cas, on a recours à la patience pour affronter les difficultés inhérentes à chacune de ses méthodes mais surtout dès le départ il faut être capable d'abandonner bon nombres d'idées reçues si on veut persévérer.

C'est dans la remise en question, l'humilité, l'abnégation que ces deux pratiques se rejoignent ensuite il suffit de laisser faire le corps et les mérites apparaissent d'eux mêmes.

En résumé zazen consiste à arrêter de suivre ses pensées et le jeûne à arrêter de suivre ses envies de bouffer.

Pratiquant depuis assez longtemps la méditation zen le jeûne ne m'a pas semblé difficile à suivre mais par contre ces 2 pratiques sont à mon avis très complémentaires, par exemple faire zazen lors de jeûnes prolongés m'a permis d'appréhender une pratique beaucoup plus en souplesse au fur et à mesure que le corps s'affaiblit.

Si le jeûne vous intéresse voici un site très complet. 

Pour zazen c'est ici.

Et ici le lien vers un livre très simple de Bernard Clavière pour comprendre le jeûne et sortir de ses idées reçues.
 


dimanche 24 mars 2019

Initiation à la méditation le 13 avril.

A 9H45 le 13 avril nous proposons une initiation à la méditation zen.
Cette initiation est l'occasion pour les débutants d'expérimenter la posture méditative avec des explications et des réponses aux questions que l'on peut se poser quand on débute, une séance à 10H30 complète  l'initiation et permet d'expérimenter les conseils reçus auparavant.

lundi 11 mars 2019

Prendre aux pauvres, donner aux riches.

Avant de devenir le mot d'ordre du système néolibéral cette citation provenait d'une histoire zen.

Dans une ville du Japon, un moine avait fait construire un temple.
Les notables avaient donné pour le temple et comme c'était la tradition à cette époque on avait posé sur une plaque à l'entrée les noms des généreux donateurs.
Mais ce moine estimait qu'il manquait une statue à l'entrée du temple et donc il partit rencontrer les clochards de la cité.

Il leur expliqua qu'il avait fait construire un temple avec le pognon des rupins mais qu'il manquait une statue à l'entrée du temple et  demanda leur aide pour la construire.
Les mendiants furent impressionnés par cette demande et ravis d'être utiles se mirent à faire la manche pour la statue quand ils eurent la somme nécessaire ils la remirent au responsable de la construction.

Quand la statue fut posée, on posa une plaque dessous spécifiant que cette statue avait été offerte par les clodos.
Ces derniers étaient ravis d'avoir obtenu cette reconnaissance, l'histoire ne dit pas quelle gueule ont fait les bourgeois.

Ceci illustre bien l'esprit du zen qui ne s’embarrasse pas de préjugés et sort des sentiers battus.

Et puisque que l'heure est maintenant propice à la contestation et la remise en cause de l'ordre établi voici un livre très drôle de Srdja Popovic:
Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes.

Des tas de bons conseils sur la contestation non violente...

dimanche 3 février 2019

Vacuité et vie quotidienne.

Divers enseignements contenus dans les textes zen et bouddhistes ont pour thème la vacuité et sont bien souvent très obscurs pour la plupart d'entre nous. 

Dogen parle dans le shobogenzo de l'enseignement des objets inanimés et donne des exemples concrets sur la façon de les agencer et sur l'impact qu'ils ont sur nous.

Voici deux ouvrages plus récents qui traitent aussi de vide et de rangement, l'un d'une Française, l'autre d'une Japonaise. 

C'est un peu répétitif mais ce livre est une bonne approche pour  se remettre en question et s'apercevoir qu'en désencombrant son intérieur on remet également de l'ordre dans son esprit.
On trouve dans ce livre de nombreuses citations zen.

Et également "la magie du rangement" de Marie Kondo notre rapport aux objets vu par une Japonaise et une méthode pour arriver à trouver de la joie dans le rangement.
Le rapport aux objets dans la tradition Japonaise peut en dérouter certains mais c'est très intéressant. 

Pour faire le vide en  soi c'est ici.


Permaculture, potager, jardin zen.

Un bilan de notre potager pour cette saison 2018 que nous exploitons depuis le printemps 2017.

Tout d'abord nous avons depuis l'automne 2017 fait des terrasses pour que le potager soit plus facile d'accès et exploitable dans sa totalité.

Nous avons au printemps évacué l'ancienne cabane qui s'était écroulé et construit une nouvelle en bois.

Les tailles du merisier à l'entrée du potager et des arbres alentours nous ont permis de fabriquer du BRF (bois raméal fragmenté) que nous avons étalé l'hiver dernier sur la totalité du potager, nous avons recommencé cet automne.
La totalité du potager a été paillé avec du fumier de cheval en Janvier 2018.

En octobre nous avons créé une butte autofertile sur une nouvelle partie du potager qu'on nous a laissé ce printemps, des châssis froids sont en cours de préparation à cet endroit pour les semis de printemps.

Nous avons au printemps planté des fèves, haricots sabres, petit pois, courges, tomates, poireaux, betteraves, choux qui ont fait la joie des limaces au printemps, peu de rescapés, les détails sont sur le lien en bas de page.

Par contre, nous avons eu énormément de pêches (21 kilos de confitures), du raisin, des figues en quantité et quelques noix.
Et également quelques tomates, des potimarrons, des haricots sabres, fèves, petits pois, poireaux, une betterave et au printemps du cassis, des framboises et quelques fraises.

Voilà, nous apprenons petit à petit à exploiter ce potager sans engrais chimiques ni pesticides.


mardi 1 janvier 2019

Le don dans le zen.

La terre et le ciel donnent. L'air, l'eau, les plantes, les animaux,
les êtres humains, tous se font réciproquement des dons.
Nous vivons dans une inter-relation de dons.
Il est sans importance que quelqu'un soit reconnaissant ou non.
Kodo Sawaki (1880-1965)

 En début d'année, dans les temples zen il y a la traditionnelle cérémonie du fuse où l'on peut faire un don pour aider à la pratique.

Le don (fuse) fait intimement partie de la pratique du zen et du bouddhisme en général.
Il fait partie des 6 perfections ou paramitas qui sont pratiquées par le boddhisatva pour atteindre l'autre rive.
En plus du don, on a les préceptes, la patience, l'énergie, la concentration et la sagesse.

Le don n'est pas seulement matériel, on peut faire don de sa méditation quotidienne à tous les êtres et ne pas la considérer comme une pratique égoïste.
On peut également faire don de son travail, de sa joie de vivre...

Dans ses commentaires du shodoka Kodo Sawaki considère que ne manger que ce qui est nécessaire sans désirer plus, y compris quand on est invité est un don.

Bref, la pratique du don n'est pas seulement matérielle mais nous laisserons néanmoins au dojo une boite à fuse pour ceux désirant pratiquer le don de cette manière.